LIFE | Sound and Rhythm - Philosophical Reflections on the Chinese Guqin Music
"The five colors blind the eye, the five sounds deafen the ear." — Lao Tzu
Chinese Painting reached a state of colorlessness during the Song and Yuan dynasties, liberating itself from the complexities of color, the subtle and ethereal ink wash replaced the vibrant and dazzling colors.
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| Chinese Guqin musician WenJing & Writer Hao JiLiu talks about the history and philosophy of Guqin Music / sketch on Huawei mobile phone - Infinite Painter app. ( by Ben Liu, 2026 ) |
Mountains and rivers, without color, return to their true essence. If this is true of painting, is it also true of ancient Chinese music? With this question in mind, I listened to a series of dialogues on the Guqin (古琴) by teachers Wen Jing and Hao Jiliu.
Guqin music is divided into sound and rhythm, much like lines and colors in calligraphy and painting. Rhythm (resonance) is expressed in four ways: lingering notes, echoes, vibrato, and interlacing.
"The greatest sound is silent." In different periods, the proportions of sound and rhythm in guqin music varied, just as calligraphy and painting pursue different goals: lines and colors, meticulous brushwork and freehand style.
Life, too, is composed of "sound" and "rhythm": Sound, crisp and decisive, is a coordinate, a record of one's journey—advancing in education, finding a job, meeting the right person, rising again from a low point... These milestones form the framework of life.
Rhythm, on the other hand, can be long and melodious, a memory, a process, an imagination and a possibility; it's life's long wait, and also its most flavorful part. It probably accounts for more than 60% of life, right?
Sound and rhythm can also reflect the character of an individual, even a nation: Too much sound is aggressive and domineering; too much rhythm is sluggish and indolent, unable to settle down.
The "rhythms" of life are not always dazzling: They linger on the tongue of a tea sip, scent of the middle and base notes of a perfume, ambiguous in the wok's smoky aroma of cooking, and silent in our eye contact...
So, How to find the sense of effortless ? In "sound"? Or "rhythm"?
🇨🇳
声•韵 - 古琴哲思
“五色令人目盲,五音令人耳聋。”—— 老子
绘画在宋元时期发展到无色之境,
画家们从颜色的纷繁中解放出来,
意境淡远的水墨取代了繁华绚烂的色彩。
山水无色,遂归本真。
绘画如此,中国古人的音乐是否也如此呢 ?
带着这个疑问,
我来听 文靖老师 和 郝纪柳老师 的古琴系列对谈。
古琴曲分声 和 韵。犹如书画里的 线 和 色。
韵的四种表达:走手音,余韵,吟猱 和 撞逗。
“大音希声”,古琴曲在不同时期,
声和韵的数量,有着不同的占比,
就像书画中线条与色彩,工笔与写意的不同追求。
人生也是由“声”和“韵”组成的:声,干脆利落,它是坐标,是到此一游——升学、求职、遇到对的人、低谷时重新爬起...... 这些里程碑撑起了人生的骨架。
而韵,可以绵长婉转,是回忆,是过程,也是想象和可能性,是人生漫长的等待,也是最有滋味的部分。它大概占了人生的 60% 以上吧 ?
声和韵也可以反映一个人,乃至一个民族的性格:
声太多了张牙舞爪,咄咄逼人,
韵太过了拖沓懒散,无法落地。
人生的一个个“韵“,并不总是耀眼的:
它们在品茗的舌尖上回甘、
在香水的中后调氤氲,
在炒菜的锅气里暧昧,
也在我们的对视里沉默 ......
我们要的松弛感,在哪儿呢 ?
🇫🇷
Son et rythme - Réflexions philosophiques sur le guqin
« Les cinq couleurs aveuglent l'œil, les cinq sons assourdissent l'oreille. » — Lao Tseu
La
peinture chinoise a atteint un état de neutralité chromatique sous les
dynasties Song et Yuan, s'affranchissant des complexités de la couleur.
Le lavis d'encre, subtil et éthéré, a remplacé les couleurs vives et
éclatantes.
Les montagnes et les rivières, dépourvues de couleur,
retrouvent leur essence même. Si c'est vrai pour la peinture, l'est-il
aussi pour la musique chinoise ancienne ? C'est avec cette question en
tête que j'ai écouté une série de dialogues sur le guqin (古琴) donnés par
les maîtres Wen Jing et Hao Jiliu.
La musique du guqin est
divisée en son et en rythme, comme les lignes et les couleurs en
calligraphie et en peinture. Le rythme (la résonance) s'exprime de
quatre façons : notes tenues, échos, vibrato et entrelacement.
«
Le plus grand son est le silence.Au fil des époques, les proportions de
son et de rythme dans la musique du guqin ont varié, tout comme la
calligraphie et la peinture poursuivent des objectifs différents :
lignes et couleurs, travail minutieux au pinceau et style libre.
La
vie, elle aussi, est faite de « son » et de « rythme » : le son, net et
précis, est une coordonnée, le récit d’un parcours – la progression
dans les études, la recherche d’un emploi, la rencontre de la bonne
personne, le relèvement après une épreuve… Ces étapes clés forment la
trame de l’existence.
Le rythme, quant à lui, peut être long et
mélodieux, un souvenir, un processus, une imagination, une possibilité ;
c'est la longue attente de la vie, et aussi sa saveur la plus intense.
Il représente probablement plus de 60 % de la vie, n'est-ce pas ?
Le
son et le rythme peuvent aussi refléter le caractère d’un individu,
voire d’une nation : trop de son est agressif et dominant ; trop de
rythme est lent et indolent, incapable de se stabiliser.
Les «
rythmes » de la vie ne sont pas toujours éclatants : ils persistent sur
la langue lors d’une gorgée de thé, se perçoivent dans les notes de cœur
et de fond d’un parfum, se devinent de façon ambiguë dans l’arôme fumé
d’un wok en pleine cuisson, et se font discrets dans nos regards…
Alors, comment trouver ce sentiment de fluidité ? Dans le « son » ? Ou dans le « rythme » ?








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